12 mars 2013

Robe bleue années 20 "free style"

Oui, j'ai "improvisé" une robe inspiration années 20, sans patron.

Ça s'est plus ou moins bien passé.

L'idée c'est qu'en regardant des dizaines d'images de robes années 20, on se rend compte rapidement que la forme est plus ou moins tubulaire. Pas de bustiers complexes, pas de jupes amples, juste un rectangle de tissu resserré à la taille. 

Tissus utilisés: un polyester bleu nuit, très fluide et un tissu africain turquoise aux motifs stylisés de plumes de paon, très "art déco".

Etape 1: tailler un rectangle de tissu

J'avais choisi un tissu synthétique assez fluide, bleu nuit. Pour la partie autour des bras et du cou, j'ai posé sur le tissu un de mes hauts en coton sans manches, et j'ai dessiné les contours. A partir des aisselles, j'ai ensuite tracé une ligne toute droite jusqu'en bas (environ 1 mètre en longueur).
Après avoir découpé cette forme dans le tissu plié en 2, j'ai épinglé ensemble les épaules et j'ai posé le tout sur le mannequin de couture.

Etape 2: ajuster 

Directement sur le mannequin, j'ai épinglé les côtés du tissu, en suivant le contour des hanches, pour que la robe ne soit pas complètement rectangulaire mais suive un peu les formes du corps. J'ai découpé les surplus de coutures et cousu définitivement les côtés de la future robe.


Etape 3: les découpes

Pour un décolleté années 20 j'ai choisi de tailler un grand V et de combler le vide avec un triangle de tissu turquoise placé derrière.

 


Pour le dos j'ai taillé une ouverture dans le milieu du dos, jusqu'aux hanches, pour pouvoir enfiler la robe.


Suite aux premiers essayages, j'ai remarqué que la robe était trop près du corps. Ça ne correspondait pas à l'image voulue. J'ai donc réouvert les coutures sur les côtés de la robe, en partant du bas et en remontant jusqu'aux hanches. Comme pour le décolleté, j'ai placé deux grands triangles de tissu turquoise derrière.



Dans le dos ça n'allait pas non plus, si je fermais la robe elle serait trop moulante. J'ai découpé un autre morceau du tissu turquoise, au milieu duquel j'ai placé une fermeture éclair (blanche, 60cm).


   

Ce tissu turquoise est magnifique mais il est entoilé, donc très rigide. Il ne suit pas bien la forme du dos, il se plie comme du papier. J'ai essayé de coudre le panneau turquoise au dos de la robe à la main et à la machine, en divers endroits (coutures d'épaules, encolure, base de la fermeture éclair...) pour améliorer cela et pour donner une unité à la robe finale. J'ai ajouté un petit noeud en haut avec du ruban bleu nuit pour donner l'illusion qu'il y a deux robes superposées...



Etape 4: les dentelles

Comme toujours, un costume a l'air "fini" quand on y ajoute les finitions: boutons, galons, rubans et autres petites décorations. Ici j'ai acheté deux galons de dentelles : un turquoise assez fin et un bleu nuit de 4 ou 5 cm de large.
J'ai utilisé le galon bleu nuit pour l'appliquer sur la robe, au niveau du col en V, du dos et des découpes sur les côtés. Le galon turquoise a été cousu le long des empiècements de tissu africain.



Et voilà

Pour une robe improvisée, c'est pas mal. Par contre, c'est dommage que le tissu "plumes de paon" soit si rigide car l'effet "dos ouvert" ne rend pas bien une fois la robe portée et en mouvement.

Reste à voir ce que ça donnera sur scène sous les feux des projecteurs, puisqu'il s'agit du costume du personnage de Mme Rémy, la tenancière de l'Hotel dans la pièce Knock !





Inspirations :









7 mars 2013

Chocolat turquoise

Toujours dans la rubrique corset, dernière réalisation du moment: le chocolat - turquoise.

Objectif: que ça ressemble à ça à la fin

Vous l'aurez remarqué, turquoise est vraiment une couleur super facile à trouver dans les merceries. Pour résumer, il existe très peu de galons, rubans, ou biais de couleur turquoise.

La solution ? La teinture.
Après avoir acheté tous les galons nécessaires, de couleur blanche, et en coton, j'ai entrepris de les teindre en turquoise avec une pastille Dylon.

Pour cela, il faut dissoudre la pastille de teinture dans un récipient (qui ne craint pas trop) avec de l'eau bouillante et du gros sel. Ensuite, on plonge les tissus dans le mélange et on touille bien pendant je sais plus combien de temps mais ça m'étonnerait pas que ce soit 20 minutes. On rince le tout à l'eau claire et on laisse sécher.

A part le fait que ma cuillère ikea ne s'en est jamais remise, l'étape "teinture" s'est plutôt bien passée.

Le galon teint en turquoise

Le problème 'trouver un galon turquoise' était résolu. Restaient les problèmes 'trouver un ruban de satin turquoise' et 'trouver un biais de satin turquoise'. L'inconvénient majeur étant que le satin, ça ne se teint pas facilement. Pour le ruban de laçage j'ai fini par acheter un ruban bleu clair qu'on pourrait confondre avec un turquoise (mais c'est limite). 

Après couture des rubans de velours et pose des œillets

Le tissu utilisé pour le corset est du coton chocolat tout simple. Au niveau des baleines, j'ai cousu un fin ruban de velours turquoise. Note pour plus tard: coudre à la main un ruban de velours aussi fin, c'est pénible et puis c'est jamais droit à la fin.

Les œillets utilisés sont couleur argent taille 8mm. Les baleines sont larges (10mm) et plates au niveau du busc et du dos, elles sont fines (5mm) et plates au niveau de la poitrine et des côtés, car les pièces du patron étaient étroites à cet endroit.

 Après pose du galon large en haut

Pour enrichir un peu le corset, j'ai décidé d'ajouter aussi un petit galon de dentelle (teint de la même façon que l'autre) de part et d'autre du busc, au centre, ainsi qu'au dos.

Pour le biais final, il a été très difficile de trouver du biais de la même couleur que le tissu chocolat ou que les galons turquoise. Les biais de satin ne peuvent pas être teints, et les biais de cotons (qui le peuvent) sont moins jolis que du satin. J'ai fini par trouver une solution plus simple: un biais, c'est juste un ruban plié en quatre... ben oui... donc j'ai acheté du ruban de satin turquoise assez large, je l'ai plié en 4 au fer à repasser et j'ai cousu le biais comme ça.







Comme patron de base, j'ai utilisé celui du corset rose fushia, dont la forme semblait convenir aux mensurations de mon amie, avec quelques modifications (plus court en termes de longueur de buste, entre autres).

Le rendu final est plutôt bon, mais je réfléchirai à deux fois avant de recommencer un projet de couture dans des couleurs peu fréquentes au rayon mercerie !!

La dame en violet - épisode 2

Pour la veste, toujours avec le patron Burda 7880, j'ai utilisé du tissu violet, à peu près de la même teinte que pour la jupe (il m'en restait plus et pas moyen de retrouver exactement le même tissu !) et un tissu Liberty pour contraster.

Le patron est assez complexe et il s'avère que la marque Burda ne tient PAS compte des marges de couture. Bien entendu je m'en suis rendue compte trop tard et il a fallu tout recommencer. Passons sur cet épisode douloureux.

Pour la doublure il me restait du tissu beige un peu satiné. J'ai trouvé un galon de dentelle couleur prune pour coudre sur le devant et au niveau des manches.

En théorie il faut coudre une vingtaine de boutons à l'avant pour ouvrir et fermer la veste. Ce qui signifie que pour enfiler ou retirer la veste, il faut environ deux heures, or j'ai moins de cinq minutes pour changer de costume. J'ai donc opté pour une solution grossière mais efficace : coudre des boutons sur le dessus pour faire joli et mettre une fine bande de velcro dessous en lieu et place de fermeture. Tadaaam.

Je ne recommanderais pas ce patron, mais je ne suis pas sûre que ce modèle existe dans une autre marque, donc on fait avec.







Premiers essayages avant les dernières finitions (note pour plus tard: éviter de laisser le costume au fond d'un sac pendant 15 jours avant de prendre des photos)

 Même froissé, ça en jette déjà !


Update


La veste était taillée trop grande pour moi, et portée sans un corset en dessous, elle n'avait aucune structure, aucune rigidité, et soyons honnêtes, c'était moche.
J'ai essayé deux rattrapages: 
Premièrement, baleiner la veste le long des coutures des pièces (il me restait une poignée de baleines à corset en acier spiralé 5mm). Deuxièmement, reprendre la veste au niveau des coutures des côtés afin de la rétrécir un peu.
Conclusion : ça va beaucoup mieux, même si ce n'est pas parfait (doublure ratée entre autres)


Essayage en coulisses
Verdict: la classe internationale !

9 déc. 2012

La dame en violet

Un des personnages de la pièce de théâtre Knock, de Jules Romains, est décrite comme plutôt âgée, issue de la haute bourgeoisie, et habillée en violet.



Rien n’oblige un metteur en scène à suivre les indications données en plus du texte, mais il se trouve que ce personnage portera certainement un costume violet et très en retard en termes de mode. Contrairement aux autres, qui seront vêtus comme en 1920/1925, la dame en violet n’aura pas évolué avec son temps, et sera restée habillée comme en 1880/1900.

Le patron utilisé pour créer ce costume est une "robe à tournure" Burda 7880. Je précise tout de suite que je ne suis pas du tout fan des patrons Burda, qui par économie de temps et de papier, ont minimisé la taille de la notice explicative. Il faut être sacrément imaginatif pour deviner comment le costume se monte. Ceci étant dit, c’est un beau costume.






Tissu: du coton violet (simple et peu coûteux) principalement
Mercerie: galon noir, boutons décoratifs, …

La jupe principale: une jupe que j’avais déjà réalisée à partir du patron Simplicity 3782 ou 2589 que j’utilise toujours pour les jupes, mais en utilisant seulement deux ou trois panneaux au lieu de cinq ou six pour une jupe style Tudor par exemple.



                                          Détail de la ceinture


Détail du galon sur l'ourlet


La sur-jupe: composée de deux parties, un faux-cul bouffant ou "bouillonné" à l’arrière et un panneau arrondi sur le devant. 



Ce qu’il aurait fallu faire en théorie: fabriquer ces deux pièces avec deux épaisseurs de tissu, pour faciliter la création des plis et des fronces et donner plus de volume.
Ce que j’ai fait dans ma grande paresse: utiliser seulement une épaisseur et jouer à MacGyver pour le reste.


Panneau arrondi: assez simple, il suffisait de faire des plis sur les côtés pour faire plisser tout le panneau (trois gros plis transversaux). J’ai ensuite fait un ourlet sur lequel j’ai cousu un galon noir décoratif.






Faux-cul bouillonné: en théorie il fallait plisser le tissu avec de la ruflette et des anneaux, puis attacher les anneaux du faux-cul à des anneaux cousus sur la jupe, placés plus haut pour créer un effet "bouillonné" (c’est hyper clair comme explication, je suis sûre...cf le schéma du patron, plus haut, on voit bien les emplacements des plis et anneaux). En pratique, j’ai plissé le tissu avec des points cousus à la main, puis j’ai créé l’effet bouffant en attachant les plis à un ruban caché sous la jupe.



 Etape 1: attacher plusieurs plis ensemble avec un point solide.
Faire deux rangées de trois.

Etape 2: Attacher les points ainsi créés à un ruban, afin de les faire remonter et donner l'effet bouillonné souhaité (le mieux c'est d'essayer, pour comprendre la logique !)



Effet final du faux-cul


Ensuite, j'ai cousu ensemble le panneau avant et le faux-cul afin de pouvoir enfiler rapidement et en une seule fois la sur-jupe. Pour finir, il fallait créer une ceinture pour la jupe (déjà fait) et pour la sur-jupe. Comme d'habitude je fais une ceinture dans le même tissu que le reste et je la couds comme un large biais.


Sous cette jupe, on ajoute encore plus de volume à l'arrière de deux façon: soit avec un coussin rembourré (patron du coussin fourni) placé sur les reins, pour relever la jupe et les plis bouffants, soit avec une crinoline qui donne du volume uniquement vers l'arrière, spécifique de la mode des années 1860-1900 et qu'on appelle "tournure". J'emprunterai celle de mon théâtre.


Prochain épisode : la veste


2 déc. 2012

Le défi couture 2012/2013



Après le corset/crinoline et le pantalon-jupe, le défi «costumes de théâtre » pour 2012/2013 est :


*Roulement de tambour pour faire grimper le suspense*

Confectionner des robes années 20 ! (oui! Comme dans Downtown abbey!)


*Instant d'euphorie passager suivi de la soudaine réalisation du travail que cela représente*

Apprenant la nouvelle je me suis immédiatement lancée à la recherche d'inspirations et de patrons. Visiblement les patrons pour les robes années 20, ça ne court pas les rues, mais en cherchant bien, j'ai fini par trouver ça :

Silver gray satin two-piece ensemble
Light french blue silk crepe faille cocktail dress
Light blue pinstripped cotton house dress
Cream silk tennis dress

Ca devrait permettre d'avoir des patrons corrects pour commencer, puis faire des variations sur un même modèle en s'inspirant des gravures de mode de l'époque pour ce qui est des coupes et des couleurs.

Après moultes recherches sur le sujet (comprendre "google images") il semble que la mode féminine des années 20 rime avec : robes droites, silhouette longiligne, chapeaux cloche, taille basse, inspirations art déco, greco-romaines et exotiques. 


















C'est aussi la fin de l'ère des corsets, qui marque une certaine libération du corps de la femme (bien que l'idéal d'une silhouette longiligne les ait finalement contraintes à porter des gaines tubulaires à la place, alors laissez moi rire...)



C'est donc parti pour une série d'épisodes sur «comment faire des robes années 20 quand on sait pas comment s'y prendre » !