25 sept. 2014

Dissection du corset Edwardien

Mon stage m'aura permis, entre autres, de découvrir l'intérieur d'un corset Edwardien.

Visite guidée :

Comme dans beaucoup de corsets, on trouve trois épaisseurs (voire quatre):

1) le tissu extérieur de notre choix
1 bis) l'entoilage si jamais le tissu extérieur est fragile et souple
2) le coutil solide (jean ou toile à draps si on a rien d'autre)
3) la doublure  (en coton c'est plus simple, c'est doux, ça respire)

Ici on voit: la toile (rouge), le tissu extérieur (gris) et le passepoil (prune)

Les baleines: elles sont enfilées dans des couloirs à baleines faits de sergé de coton. Ensuite elles sont cousues à la main ou à la machine, contre le coutil. Cousues main: on peut cacher les points et la couture n'apparait pas sur l'endroit. En plus, la baleine aura plus d'aisance et abîmera peut-être moins le corset que si elle est coincée dans des coutures machine serrées.

C'était la question que je me posais depuis le début: comment est-ce possible de cacher les coutures des couloirs de baleines sur ce modèle de patron ? En cousant à la main avec un point de chausson. Simple et percutant.


 Gros suspense: est-ce que ça va faire tout moche
quand je vais enfiler les baleines dedans ?



Découpage des baleines: j'ai acheté de la baleine spiralée 7mm acier au mètre. Ca veut dire qu'il va falloir découper les longueurs qu'il me faut. Le côté positif c'est que chaque baleine ira parfaitement dans son couloir. Le côté négatif c'est que découper de l'acier c'est hyper chiant.

Busc et œillets: à faire en dernier c'est mieux, le busc vient en sandwich entre la doublure et le reste.

La doublure: plusieurs possibilités de montage.



a. Soit on monte la doublure pièce par pièce avec la technique en sandwich (mais là il faut une démonstration live pour comprendre, ou des schémas limpides si ça existe). Ça donne une très belle finition et permet de créer les couloirs des baleines par la même occasion.

b. Soit on l'assemble à part du reste, et elle vient se poser, de façon flottante, sur le reste du corset, avec couture au biais pour finir ou bien couture de doublure typique (endroit contre endroit, couture tout autour du bord sauf sur une longueur, retourner le tout, finir à la main la longueur encore ouverte).

Avant j'étais nulle en doublure. Mais ça c'était avant.

Le passepoil: un bonus qui n'a rien à voir avec la corseterie mais qu'on peut fabriquer soi-même avec une cordelette et du tissu coupé dans le biais. C'est long à faire, long à coudre, ça complique tout...mais c'est tellement classe (et ça s'achète aussi dans le commerce).

D'ailleurs, il existe une illustration très claire de la fabrication du passepoil, sur ce site.


 Le passepoil a été fabriqué dans du tissu un peu satiné, violet foncé

Le biais: je préfère toujours terminer un corset avec un biais tout autour, je trouve ça beau. Alors j'ai plusieurs options: soit je trouve un biais satiné dans le commerce (soit prune, soit gris), soit je le fabrique moi-même. Pour l'instant l'option commerce a été un échec (pas de biais de cette teinte de violet) et pas sûr qu'il me reste assez de tissu pour le fabriquer maison. Damn it.

Pur le tutoriel de fabrication du biais c'est par ici et par ici et aussi par là.

Suite au prochain épisode (mais dans longtemps :/ argh)

Dans la cour des grands

Cette semaine, j'ai eu le bonheur de suivre un stage de corseterie chez des costumiers professionnels: l'Atelier des Vertugadins.
J'en suis ressortie en ayant vécu une super expérience, fait des supers rencontres et l'envie d'y retourner dès que possible !


Deux jours entiers consacrés à la découverte de techniques de confection de corsets, avec réalisation d'un projet personnel. Deux jours durant lesquels mon cerveau a lutté pour essayer d'assimiler toutes ces nouvelles informations en si peu de temps.
J'ai découvert à quel point la précision est le maître mot pour ce genre de réalisation (et je suppose dans la couture en général). Précision rime avec concentration, ce qui signifie qu'il faut être capable de rester concentré sur un travail minutieux pendant de longues heures: le tracé aussi précis que possible, la reproduction des pièces, l'assemblage en suivant toujours les repères, les essayages en cours de fabrication pour vérifier et revérifier que tout va bien, etc, etc.

Moi qui m'emporte toujours, qui brûle les étapes en voulant vite vite aboutir au produit fini pour voir si c'est joli, j'ai dû me confronter à la dure réalité: il faut se discipliner et prendre le temps à chaque étape, surtout les premières étapes quand le tissu n'est pas encore découpé.


Il fallait apporter un projet de corset à réaliser, et j'en ai profité pour apporter mon projet de corset 1901 edwardien. Un patron complexe auquel je n'avais pas envie de m'attaquer seule.

Le patron étant très complexe avec des pièces incurvées dans tous les sens, c'était le projet parfait à réaliser avec un bon encadrement et quelqu'un pour venir vous taper sur l'épaule et dire "hep là, c'est quoi cette couture qui dépasse de 2mm par rapport au tracé initial ? Allez-hop on découd et on recommence !". Parce que sinon, ça aurait été le Vietnam.

A la fin du stage, nous n'avions même pas eu le temps de commencer la pose des baleines ou du busc, ni de découper la doublure...tellement tout le reste avait été fait avec une minutie extrême et en prenant le temps à chaque étape. Je suis repartie avec de solides instructions, en plus de mes connaissances initiales, pour terminer seule le corset (et j'en suis encore loin).

En rentrant chez moi, je me suis jetée sur ma vieille machine à coudre afin de vérifier qu'il y avait bien les pieds spéciaux fournis avec (ceux qu'on laisse au fond d'une vieille boite parce qu'on ne sait pas à quoi ça sert) et sur des sites de fournitures de couture pour acheter les deux ou trois outils de traçage et de mesure très utiles (le site c'est Hamon, pour info).

 Dessin du patron, tracé des pièces

 
                                     Pose de passepoil

 Découpage des pièces avant assemblage


Et quelques longues heures plus tard: 

 Premier assemblage après pose des passepoils et élimination des marges
A présent on va poser les baleines car pour l'instant c'est un peu mou tout ça !


Si je devais retenir 5 notions clés :

1) Être très précis à chaque étape: un millimètre perdu au tracé du patron peut donner plusieurs millimètres modifiés sur le produit fini. Marquer des repères partout et toujours y rester fidèle.
2) Ne pas bruler les étapes, surtout au début (le tracé, l'essayage en cours de route)
3) Utiliser du vrai coutil à corsets en couche interne (ou au pire du jean ou de la toile à draps, mais un truc tissé très très serré)
4) Pour les essayages, utiliser des bandes d’œillets amovibles (dont j'ai oublié le nom) à coudre grossièrement à la place des futurs œillets, sans trouer le tissu final, ce qui est très pratique car on peut encore revenir en arrière en cas de problème
5) Être très très précis à chaque étape (ah, je l'ai déjà dit ?)

Si je devais retenir 5 outils ou techniques très utiles :

1) La règle japonaise (transparente et quadrillée)
2) Le papier carbone et la roulette pour marquer les pièces de patron symétriquement
3) Les bandes d’œillets amovibles
4) Les techniques de montage et de pose de la doublure
5) L'utilisation du pied ganseur pour fabriquer du passepoil ou faire des cordés

En conclusion, un stage très riche, très formateur, avec des gens absolument adorables et passionnés par leur travail: j'ai hâte d'y retourner et je souhaite à toutes les costumières en herbe d'avoir cette chance.
A suivre: suite et fin de la construction et photos du projet terminé !

Infos pratiques: L'atelier des Vertugadins se trouve à Ivry sur Seine
(certains viennent de province, les horaires du stage 10h à 18h, le permettent)
Site internet: http://www.vertugadins.com/
Sur la page "Cours et stages" sont mises à jour les dates et thèmes des stages.


3 sept. 2014

Corset Belle Epoque

Pour justifier qu'avec un mois d'août aussi pourri, il valait mieux rester chez soi, j'ai continué mon exploration des différentes formes de corsets, et pour sortir un peu de l'éternel victorien en sablier, j'ai choisi un patron belle époque, celui avec le patronage qui semble si complexe mais si joli à la fois.

Contrairement aux patrons que j'utilise habituellement, les baleines de ce corset ne suivent pas (mais alors pas du tout) les coutures des pièces du patron (cf schéma ci-dessous). Donc ça veut dire qu'il va falloir user d'intelligence et de ruse, une fois n'est pas coutume, pour parvenir à placer les baleines correctement là-dessus.

 WTF ?

Le patron est issu du livre de Norah Waugh, Corsets and crinolines. J'ai trouvé un agrandissement sur fichier pdf et j'ai ensuite imprimé le patron par plages de taille A4 successives. Ensuite j'ai tout superposé, tout scotché et tout découpé pour obtenir les pièces de patron définitives. Un vrai massacre.
Pour l'instant je n'ai fait aucune modification vis à vis de ma morphologie, non pas que j'aie une plastique parfaite, mais je veux surtout voir comment ce patron fonctionne. L'avant mesure 34cm de long, c'est-à-dire la même longueur que mes corsets habituels, et une fois épinglé au mannequin, ça ressemblait à quelque chose d'acceptable. Donc j'ai dit "allons-y Josie" en parlant au mannequin de couture, qui est toujours partant pour une nouvelle aventure.

Tissu extérieur : un satin de polyester gris argenté, assez rigide, le même que pour la jupe 1900.




Pour l'instant, les pièces sont découpées. Je réfléchis encore au problème des baleines.
En effet, on risque de voir apparaître d'une part les coutures des pièces, et d'autre part les coutures des baleines qui passent en plein milieu. Ce qui est dommage car ça gâcherait un peu le dessin harmonieux des pièces.
Mon cerveau n'ayant pas réussi à comprendre comment il est possible d'assembler ce corset en cachant les canaux des baleines et en restant sain d'esprit (mais c'est possible car d'autres l'ont fait), je vais d'abord essayer de terminer ce modèle, et si la forme me plait, on passera au niveau de difficulté supérieure.



 Premier assemblage test: en général les ennuis commencent après...




28 août 2014

Robert et Michael

Robert et Michael.
Non ce n'est pas une énième marque de yaourts bio qui pense que prendre 2 prénoms pour faire une marque, ça fait "home made".

Robert Kaufman et Michael Miller sont deux marques américaines de fabrication de tissus.

Depuis que j'achète des tissus de coton imprimés (via les boutiques en ligne car on y trouve une diversité à peu près infinie de motifs), je me suis rendue compte que systématiquement, mes choix se portaient, sans le savoir, sur les tissus de ces deux fabricants.
J'ai réalisé ça lorsque j'ai voulu noter quelque part les noms et origines de mes tissus préférés, afin de pouvoir en racheter un morceau si besoin.

Bien sûr ils emploient divers designers qui leur fournissent des collections, ce n'est pas l’œuvre d'une seule personne, mais la qualité et l'originalité de leurs motifs mérite d'être soulignée. Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les envies. Si ça vous prend un jour de retapisser votre canapé avec des motifs de bananes épluchées...il existe certainement un tissu pour ça !
Le drame c'est que les collections changent, et qu'on est jamais sûr de retrouver, 5 ou 6 ans plus tard, un tissu qu'on avait aimé.

Les tissus ne s'achètent pas directement sur leurs sites internet, il faut passer par des revendeurs ou via des boutiques etsy ou ebay. De plus, certaines collections peuvent avoir disparu du site officiel mais on trouve encore le tissu chez des vendeurs. Donc il y a toujours de l'espoir.

Niveau gamme de prix, pour du coton imprimé, on est dans la moyenne haute, à environ 8€ à 10€ le mètre.

Mes coups de cœur du moment:

Dysfunctional family, de M. Miller

 Sweet tooth, de R. Kaufman


Mes vieux coups de cœur:

Fruit basket de R. Kaufman

Dandy damask de M. Miller

10 juil. 2014

Fournitures scolaires

Au mois de juillet, c'est déjà le moment de penser à la rentrée et de préparer son cartable.

Alors avant de partir en vacances, j'ai commencé les préparatifs pour une rentrée qui s'annonce riche en nouvelles créations et en inspiration !




Ces coupons mesurent environ 50cm sur 110cm et sont en coton. Je les ai trouvés sur le site internet Modes4u qui offrait une plus grande diversité que sur Ma Petite Mercerie. En ouvrant le paquet ce matin, j'ai été très satisfaite de la qualité des tissus. Chaque coupon était vendu entre 5 et 6€.

J'aime beaucoup les tissus de coton aux imprimés originaux, mais c'est assez difficile à trouver, le choix est limité si on ne passe pas par internet, même au Marché Saint Pierre.
Ici, j'ai choisi une dizaine de motifs très différents les uns des autres (le tissu bande-dessinée est particulièrement fun, j'ose à peine découper dedans) pour un maximum d'inspiration.

Reste à savoir ce que je vais bien pouvoir faire avec tous ces tissus (sachant qu'il me reste une grande boite remplie des chutes des précédents).

Bon été à tous, profitez des vacances pour rêver à votre prochaine tenue !

1 mai 2014

Assassin's Creed, le retour

Je le disais dans cet article, il y a quelques années j'avais cousu un costume du personnage d'Assassin's Creed I, Altaïr, pour mon frère.
Le problème c'est que depuis, il a tellement grandi et changé que le costume est devenu beaucoup trop petit. On cherchait donc une bonne occasion de le refaire en repartant de zéro.

La bonne occasion s'est présentée: un festival geek en septembre 2014 !
J'en profite donc pour faire d'une pierre deux coups : refaire le costume d'AC I et faire le costume d'AC III (Connor) pour son ami.

Costume de Connor

Ce personnage évolue pendant la guerre de sécession. Il porte toujours la capuche blanche emblématique de la série, mais son manteau n'a plus rien de médiéval, c'est un manteau de style militaire, blanc et bleu roi, avec des rangées de boutons. L'arrière est coupée en queue de pie avec des empiècements assez complexes.




Je suis partie du patron de manteau de pirate/18ème siècle Burda 2459.


A l'arrière, le bas du manteau tombe droit. J'ai commencé par couper le patron exact dans une épaisseur de coton blanc cassé très épais (toile) et une épaisseur de coton bleu roi très épais aussi.
Ensuite, c'était l'improvisation totale pour obtenir la forme en queue de pie avec le tissu bleu qui s'enroule autour du blanc.
J'ai plié, épinglé, déplié, replié, ré-épinglé...jusqu'à ce que ça ressemble à peu près à la forme voulue.


Découpage du patron, rectangulaire aux extrémités

                   Premier essai de pliage peu concluant

                            Deuxième essai: on s'améliore...

On touche au but !  Point de non-retour : suppression des surplus de tissu du patron original

Visiblement ça a marché !

J'ai ensuite cousu les deux épaisseurs l'une contre l'autre, le côté bleu restant à l'intérieur. Une fois cousues ensemble, j'ai refait les plis permettant d'obtenir la queue de pie.
Pour les deux empiècements en forme de V au dos, j'ai découpé des triangles de tissu blanc pour laisser apparaître la doublure bleue dessous. Etape à faire AVANT de coudre les tissus ensemble.

Les manches ne sont pas doublées.

La queue de pie est totalement artisanale, j'ai fait les dernières coutures à la main car il fallait coudre les différents pans du manteau bord à bord.

Quelques boutons décorent le tout.








Pour les poignets, j'ai imité des boutonnières bleues, de façon assez grossière, pour reproduire ce qu'on voit sur les images du jeu vidéo.




Pour les boutonnières sur l'avant du manteau, je ne sais pas les faire à la machine et encore moins à la main. J'ai donc fabriqué des fausses boutonnières avec une fine bande de tissu pliée. Au final ça rend les boutonnières plus visibles.
Les bords du manteau sont repliés pour laisser apparaître la doublure.



La capuche est assez ample et les côtés sont posés sur les épaules. Elle ne se referme pas sous le menton comme pour les précédents personnages.
Un empiècement triangulaire est cousu sur le haut de la capuche, au niveau du front. Pour ce personnage, la capuche est brodée d'un oiseau, probablement un aigle.



Ne sachant pas vraiment broder, j'ai dû improviser une fois de plus...




Deux lanières de tissu maintiennent la capuche sur les épaules, mais je ne les ai pas encore fabriquées. De plus, je crois qu'il faut raccourcir les côtés de la capuche, ils sont trop longs.


Autour des bras, un galon de tissu décoré de motifs géométrique semble faire comme un bracelet. J'ai trouvé un galon similaire chez Calontir trims. Je devrai fabriquer les bracelets et les laisser indépendants du manteau pour pouvoir ajuster le serrage.

Il y a encore du chemin à faire et le look final dépend beaucoup des accessoires et des parties en cuir, mais ça, ce n'est pas moi qui m'en occupe...